Last updated: August 31, 2010 3:15 pm

Les mathématiques à l’assaut du crime

QUEBEC (PUC) — L’équipe de Martin B. Short, du Département de mathématiques de l’Université de la Californie, présente « un système d’équations qui permettrait de déterminer d’avance les endroits où des crimes sont susceptibles de se produire ». Ce système se base sur des évidences tirées de l’analyse des mouvements, des actions et des intentions des criminels. Pour anticiper les crimes dans le temps et l’espace, l’équipe de recherche a utilisé un système mathématique de réaction-diffusion. On peut utiliser cette formule pour plusieurs types de crimes afin de les analyser de façon indépendante, précise t-on.

Un lieu x dans un environnement y L’équation mathématique est en elle-même complexe. Les chercheurs identifient dans un premier temps une valeur x, représentant la zone où l’on souhaite analyser le niveau de criminalité. Chaque zone x est caractérisée par les variables x; y : les cibles et le temps. En somme, le risque de criminalité se calcule en aditionnant les variables dynamiques et stables.

Le champ de risque A( x,t ) est pour sa part décrit par une variable stable A et une variable dynamique B. La variable A est statique dans le temps mais dynamique dans l’espace, et ne se couple qu’avec le facteur qui représente les cibles. Le facteur B, dynamique dans le temps mais stable dans l’espace, se couple pour sa part au facteur qui représente le temps dans l’équation de base du champ de risque.

Dans un deuxième temps, l’équation considère la densité potentielle des agents criminels. La variable k calcule finalement le potentiel de croissance du crime dans une zone x.

L’utilité de l’équation pour les forces policières repose de ce fait sur le facteur de croissance du crime qui révèle les forces d’attraction qui motivent les criminels à revenir dans les zones ou des crimes ont été commis avec succès.

L’étude souligne par ailleurs que bien que le crime soit un fléau qui touche toutes les villes modernes, tous les quartiers n’en sont pas affectés au même niveau. Les analyses de mouvement de l’étude permettent donc d’identifier plus précisément ces zones, et les équations formulent une hypothèse quant aux autres endroits avoisinants où les activités criminelles pourraient se déplacer. M. Short fait valoir que les conséquences de l’incompréhension des méthodes de détection des zones à risque retombait jusqu’à présent sur les épaules des agences policières.

Encore aujourd’hui, on peine à cibler les endroits où il faut mobiliser du personnel en Californie. Si les policiers ne sont pas assez répressifs dans les zones à risque, la criminalité augmente en raison de la mauvaise répartition du personnel policier, mentionne Short. « Si un plus grand nombre de policiers était dépêché dans les zones à risques découvertes par nos méthodes mathématiques, il serait possible de faire diminuer le crime », conclut M. Short, justifiant l’utilité de son équation.